Soutenance de thèse de Thibault Ducloux

Thibault Ducloux a soutenu sa thèse de sociologie le 22 novembre 2018 au Centre Maurice Halbwachs à Paris.

Titre : Le ballon des pèlerins. Sociogenèse du recours au religieux dans les trajectoires carcérales

 

Composition du jury

  • Léonore Le Caisne, CNRS/EHESS.
  • Frédérique Matonti, Paris I.
  • Patrick Michel (directeur), CNRS/EHESS.
  • Vincenzo Pace, Università di Padova.
  • Serge Paugam, CNRS/EHESS.
  • Nancy Venel, Lyon II.
Résumé

Partant du constat d’une diversification des comportements des personnes incarcérées, ce travail de thèse se propose de modéliser les processus de socialisation se déployant au sein de la configuration carcérale. En effet, au regard des vies qu’ils ont vécues, les prisonniers adoptent des postures et des pratiques inédites. Mais, en réalité, l’ampleur des effets empiriquement observables de ces dynamiques contredit l’espoir de pouvoir décrire ces dernières en abordant de front le phénomène de la diversification. Comment les prisonniers sont-ils socialement amenés à adopter les pratiques qu’ils adoptent ? Embrassant une démarche indistinctement diachronique et indicielle, l’analyse se dote d’un outil sociologique à même de révéler les mouvements agitant la vie des gens en prison : Le recours au religieux.

Depuis sa création en 2012, le groupe « Traitements et Contraintes » a réuni une soixantaine de jeunes chercheuses et chercheurs en sciences sociales de différents horizons, travaillant sur des objets à la croisée du social, du judiciaire et du médical. En privilégiant une méthode de type ethnographique, notre pari est d’articuler une réflexion théorique sur les notions polysémiques de “traitement” et de “contrainte” et une approche empirique d’institutions et dispositifs variés (prison, probation, armée, hôpital psychiatrique, EHPAD, centre de rétention, tribunaux, tutelles, etc.)

Le groupe est actuellement coordonné par Tonya Tartour (tonya.tartour(@)sciencespo.fr) et Julie Minoc (julie.minoc(@)gmail.com)

 

Soutenance de thèse de Lara Mahi

Lara Mahi a soutenu le vendredi 5 octobre 2018 une thèse de doctorat en sociologie.

  

Titre : La discipline médicale. Ethnographie des usages de normes de santé et de savoirs médicaux dans les dispositifs de la pénalité

  

Composition du jury

Janine Barbot, Directrice de recherche, Inserm (Rapporteure)
Marc Bessin, Directeur de recherche, CNRS (Rapporteur)
Philippe Combessie, Professeur, Université Paris Nanterre (Directeur de thèse)
Isabelle Coutant, Chargée de recherche, CNRS
Nicolas Duvoux, Professeur, Université Paris 8
Liora Israël, Maîtresse de conférences, EHESS
Corinne Rostaing, Professeure, Université Lumière Lyon 2

 

Résumé

La prison fait l’objet d’un nombre croissant de publications biomédicales depuis les années 1980, en France, comme dans la plupart des pays occidentaux industrialisés, mettant l’accent sur les prévalences élevées de certaines affections chroniques parmi la population carcérale. Comment se fait-il que tant de personnes emprisonnées ont des « problèmes » de « santé » ? Cette thèse entreprend de répondre à cette question en appréhendant la santé non pas comme un état, mais comme une norme. À partir d’une enquête ethnographique associant observations de pratiques judiciaires, monographies des services médicaux d’établissements pénitentiaires, entretiens, statistiques et étude de corpus d’articles scientifiques, elle s’attache à montrer, pas-à-pas, selon une approche processuelle, comment la chaîne pénale produit des « malades » en confrontant les individus saisis par ses dispositifs à des normes de santé et à des savoirs médicaux. À la croisée d’une sociologie des institutions, d’une sociologie de la médecine et d’une sociologie de la connaissance, en étant à la fois attentive à des pratiques bureaucratiques, à la construction de décisions (pénales, gestionnaires et médicales), aux conditions concrètes de réalisation d’études biomédicales en maison d’arrêt et à leurs effets, à des rhétoriques judiciaires et scientifiques, aux activités professionnelles qui constituent le soin en prison et à l’appropriation socialement différenciée de ce travail par les détenus, l’enquête permet de comprendre comment le pouvoir médical se déploie, au présent, de façon discrète et diffuse, dans et par des institutions ne se donnant pas pour première mission de soigner.