Elsa Besson, doctorante en Histoire de l’art et membre du groupe Traitements et Contraintes depuis plusieurs années, a contribué à l’ouvrage collectif Prisons. Usages et appropriations des espaces carcéraux, dirigé par Laurent Solini, Jennifer Yeghicheyan et Sylvain Ferez, paru aux Editions de la Sorbonne, en septembre 2019. Elle y consacre un chapitre, intitulé “Édifier la prison rationnelle et moderne“, à l’analyse des singularités spatiales de la maison centrale de Muret.

 

Présentation de l’ouvrage :

Ce livre propose de comprendre la prison à partir de ses espaces : l’atelier, la rotonde, le service médico-psychologique régional, la cellule, la fenêtre, le rond-point.

De 2014 à 2016, les auteurs ont investi les détentions de cinq prisons belges et françaises : le centre de détention de Muret, les établissements pour peines de Namur, Ittre et Marche-en-Famenne et le centre pénitentiaire de Villeneuve-lès-Maguelone. Ils sont allés à la rencontre de ceux qui les ont fabriqués, ceux qui y travaillent ou y sont enfermés.

Cette enquête, complétée par un patient travail d’archives et la prise de nombreux clichés, appréhende les modalités d’appropriation de ces espaces. Aménagements et réaménagements des lieux, recours à la lumière naturelle, utilisation de matériaux, coloris, éléments de décoration, sont au coeur de l’ouvrage et permettent de saisir les fonctions, les histoires, voire les identités des lieux de la prison et des conduites qui s’y tiennent.

C’est en progressant dans la lecture de ce livre que se justifie l’importance d’une étude au plus près des usages spatiaux de la détention : lorsque s’esquisse une « prison mosaïque », somme de missions contradictoires, perceptibles jusque dans sa fabrique, jusque dans les manières dont son bâti est usité.