Le groupe de travail

Le groupe « Traitements et Contraintes » se réunit depuis près de cinq ans. A partir d’un noyau d’une dizaine doctorant.e.s de l’EHESS et de l’Université Paris 13, il s’est étendu aujourd’hui à une trentaine de doctorant.e.s et de jeunes chercheurs/ses de différents horizons qui travaillent sur des institutions ou des dispositifs à la croisée du social, du pénal et du médical avec des méthodes de recherche de type ethnographique.

Le pari de ce groupe de travail est de croiser une réflexion théorique sur les notions polysémiques de « traitement » et de « contrainte » et une approche empirique de dispositifs et institutions variés (hôpital, prison, école, centres éducatifs fermés, centres de rétention, foyers, unités ambulatoires en psychiatrie, Samu social, etc.) pour mieux penser les figures contemporaines de la « prise en charge » des publics vulnérables. En effet, nos terrains dans leur diversité posent des questions similaires sans toutefois être totalement réductibles. Il y est question de violence, de consentement, d’autonomie, de responsabilisation, de contention, de soin, de domination, mais à des degrés divers et selon différents agencements.

Refusant d’opérer une distinction simpliste entre des dispositifs bienveillants (les dispositifs de soin) et des institutions sécuritaires (qui exerceraient le monopole de la violence légitime), nous nous intéressons de façon comparative – sans réduire les réalités multiples à un modèle unique – aux propriétés organisationnelles de ces lieux, ainsi qu’aux normes et pratiques professionnelles qui y ont cours, pour explorer les différentes modalités d’emprise sur l’individu à l’œuvre dans ces espaces.

 

Retrouvez ici une liste des publications récentes des membres du groupe.

Liste des publications T&C 2014

Liste des publications T&C 2015



Les membres

[Jean-Sébastien Alix] [Barbara Bauduin] [Elsa Besson] [Julien Bourdais] [Angeliki Drongiti] [Corentin Durand] [Yannis Gansel] [Alice Gaïa] [Méoïn Hagège] [Valérie Icard] [Alexia Jonckheere] [Camille Lancelevée] [Xavier de Larminat] [Lara Mahi] [Julie Minoc] [Line Pedersen]  [Irene Pochetti] [Céline Racin] [Sophie-Alice Sarcinelli] [Manon Veaudor] [Anne-Sophie Vozari] [Arthur Vuattoux] [Simeng Wang]

 


Jean-Sébastien Alix

jean-sebastien.alix(@)univ-lille3.fr

L’objet de ma recherche est d’étudier les mutations que le « travail social » ou les métiers sociaux connaissent depuis les années 70 et qui témoignent d’une inflation de réformes néo-managériales qui visent à renforcer le contrôle étatique sur la prise en charge des usagers et sur le fonctionnement des établissements sociaux et médico-sociaux. La difficulté est dans un premier lieu d’identifier et distinguer les différents niveaux de ce que l’on nomme des mutations car elles se manifestent sous différents aspects. Néanmoins, nous pouvons dire qu’elles se concrétisent par une volonté d’objectiver et de rationaliser les pratiques des professionnels et le fonctionnement des établissements. L’autre aspect de cette recherche sera d’analyser la réception et la réappropriation qu’en font les professionnels, souvent ramenés à une posture de « résistant » face à toute forme d’intrusion dans leurs pratiques.

J’ai notamment écrit :

 Alix J-S et Autès M, « Un bon consentement vaut-il mieux que de mauvaises contraintes ? », in Connexions. La prise de décision entre rationalité et rationalisation, juin 2014, n°101.

Alix J-S, « Travail social et procédures d’objectivation. Faux masque et vraie fiction », in Manuel Boucher et Mohamed Belqasmi, L’Etat social dans tous ses états. Rationalisations, épreuves et réactions de l’intervention sociale, Paris, L’Harmattan, 2014.

Alix J-S, « La performance comme marqueur d’une transformation des modes de subjectivation », in Empan. Le travail social au risque de la performance, 2012, n° 87.

 Autour de mon sujet je recommande :

 Michel Autès, Les paradoxes du travail social, Paris, Dunod, 1999

Michel Chauvière, Trop de gestion tue le social. Essai sur une discrète chalandisation, Paris, Les Éd La découverte, 2010

Pierre Dardot, Christian Laval, La nouvelle raison du monde : Essai sur la société néolibérale, Paris, La découverte, 2009

 Pour l’actualité des débats : www.defendrelesmetierssociaux.fr

 

Barbara Bauduin

barbara.bauduin(@)gmail.com

Doctorante en science politique au Centre Marc Bloch, à Berlin, et à PACTE, à Grenoble, je travaille sous la direction de Martine Kaluszynski et consacre mes recherches à la généalogie du dispositif de rétention de sûreté. 

Récemment introduit en droit pénal français, celui-ci permet aujourd’hui de maintenir enfermée, à l’issue de sa peine et au motif de sa dangerosité, une personne initialement condamnée à quinze ans de réclusion criminelle pour les infractions jugées les plus graves. A la croisée d’une sociologie politique du droit et d’une ethnographie de l’Etat, le travail proposé appréhende l’introduction du dispositif de rétention de sûreté à travers les agents de son institutionnalisation. A partir d’observations, d’entretiens et de documents écrits, il éprouve l’hypothèse d’une construction normative empirique permise par un ordre moral partagé.

Autour de mon sujet, je recommande un documentaire de Thomas Lacoste – Rétention de sûreté, une peine infinie -, une nouvelle de Philip K. Dick – The Minority Report – ou le blockbuster de Steven Spielberg (quasi) éponyme, une série de leçons de Michel Foucault – Les Anormaux.

Mots-clés : rétention de sûreté, sociologie du droit, ethnographie de l’Etat, ordres normatifs

 

Elsa Besson
besson.elsa(@)gmail.com

Je travaille sur l’histoire de l’architecture carcérale en France entre 1846 et 1950, à travers l’étude d’un corpus composé à la fois de bâtiments, réalisés ou projetés, et des éléments discursifs qui entourent leur production, relevant souvent de l’histoire du droit. Il s’agit d’éclairer les rapports entre le processus d’internationalisation et de professionnalisation, depuis le milieu du XIXème siècle, d’une « science pénitentiaire », qui trouve des lieux de diffusion dans des revues spécialisées, bulletins et expositions, et l’architecture carcérale qui s’élabore simultanément en France. La recherche se propose d’étudier ce qui se dessine au croisement de la pérennisation du réseau d’édifices carcéraux en France et des discours notamment issus des congrès pénitentiaires internationaux, de 1846 date du premier, à 1950, date du dernier.

Cette étude s’appuie sur un corpus bipartite, composé d’archives historiques relevant à la fois de l’architecture, projetée et construite, mais aussi discursive (revues, traités et cours notamment), et du droit et des lieux d’expression des théories pénitentiaires (congrès, bulletins, revues, codes etc.). Un des points importants de la recherche réside aussi dans l’élaboration d’une socio-histoire des acteurs, appartenant tant à la sphère architecturale que juridique et étatique, pour mettre en relief les réseaux qui parcourent le champ pénitentiaire, de l’échelle internationale à l’échelle locale.

Je suis diplômée de l’École Nationale d’Architecture de Paris la Villette, actuellement en deuxième année de doctorat à l’université de Rennes 2 (EA 1279), sous la direction d’Hélène Jannière, et co-dirigé par Martine Kaluszynski (Pacte/CNRS/ Institut d’Études Politiques – Université de Grenoble). Je suis également chargée d’étude et de recherche à l’Institut National d’Histoire de l’Art, au sein du département d’histoire de l’architecture, sous la direction de Christine Mengin.

Autour de mon sujet, pour le côté formation d’architecte influencée par les images, je recommande le roman graphique de Jacques Tardi « Ici même », une histoire de frontières, de murs et d’enfermement. Pour le côté historique, romanesque et littéraire, « Ma fuite des prisons » de Venise de Giacomo Casanova.


Julien Bourdais
ju.bourdais(@)gmail.com

Je travaille sur la place de la médecine libérale dans l’espace de la psychiatrie hospitalière. Cette enquête s’appuie sur un matériau assez divers tiré de la monographie d’un établissement. J’entends saisir depuis ce point d’observation des logiques de partenariat entre établissements et de mobilité des usagers pour proposer une description des contraintes qui pèsent aujourd’hui sur l’hospitalisation à temps plein en psychiatrie. L’idée est en effet d’articuler une description du travail des professionnels à celle des trajectoires de soins des personnes à un moment hospitalisées.

Je suis doctorant contractuel à l’Université Paris Descartes, rattaché au laboratoire Cermès3 (site des Saints Pères) et moniteur au département de sciences sociales de l’Ecole Normale Supérieure de Cachan.

Sur mon sujet je recommande la lecture des bandes dessinées « HP » de Lisa Mandel, le livre du journaliste Patrick Coupechoux, Un monde de fous et le documentaire de Raymond Depardon : Urgences.


Angeliki Drongiti

adrongiti(@)yahoo.fr

Je mène ma recherche de doctorat en sociologie sur le suicide dans l’armée de terre grecque depuis 2011. Les principales questions sur lesquelles je m’interroge concernent les appelés, étant donné que le service militaire constitue toujours une obligation pour tous les hommes grecs entre 18 à 45 ans. Plus précisément, je m’intéresse aux facteurs du suicide qui sont liés au genre et aux classes sociales pour cette catégorie.

Je mobilise plusieurs méthodes et les matériaux produits sont constitués d’une mosaïque de données complémentaires afin de permettre d’analyser ce phénomène ; entretiens (menés auprès de soldats qui ont fait une tentative de suicide, mais aussi avec des soldats, des officiers et des sous-officiers qui ont vécu le suicide d’un soldat (ou un co-soldat), avec les parents dont les fils se sont suicidés durant leur service militaire, avec des psychiatres militaires, avec des militants, avec des journalistes), analyses statistiques et analyse de contenu des articles de presse. Toutefois, le cœur méthodologique de cette étude est l’observation participante en forme de stage que j’ai effectué en aout et en septembre 2014 dans un des trois hôpitaux militaires psychiatriques du pays.

 

Corentin Durand
corentin.durand(@)ens.fr

Je travaille sur les différentes formes que peuvent prendre les communications critiques (demandes, plaintes, revendications…) entre personnes incarcérées et autorités. En prêtant attention aux différents modes d’expression et d’inscription de la doléance, je cherche à rendre compte des dynamiques qui façonnent  les espaces d’expression critique entre des acteurs socialement affaiblis et des autorités établies. En particulier, l’ouverture de nouveaux espaces de communication accessibles aux personnes incarcérées interroge la manière dont la critique s’y déploie effectivement, et dont elle reconfigure éventuellement les relations de pouvoir en détention.

Cette enquête s’appuie sur l’observation ethnographique des lieux de production, d’expression et de traitement de doléances de prisonniers. Ces observations, complétées par des entretiens, ont lieu en prison mais aussi dans les différents services qui, à l’extérieur des établissements, reçoivent et traitent des requêtes de personnes incarcérées. Le contenu de ces échanges fait par ailleurs l’objet d’une analyse qualitative et quantitative.

Je suis doctorant contractuel et chargé d’enseignement à l’EHESS, au sein du Centre Maurice Halbwachs et de l’Institut Marcel Mauss. Avec Liora Israël, je coordonne l’Ouvroir de sciences sociales potentielles (Ouscipo) de l’EHESS, destiné à développer des partenariats de recherche entre recherche et société civile.

J’ai notamment écrit :

  • « Pour une sociologie morale des trajectoires de contrôle. Une lecture de La société punitive », Materiali Foucaultiani, vol. 3, n°5, 2015, en ligne (http://www.materialifoucaultiani.org/).
  • « Construire sa légitimité à énoncer le droit. Etudes de doléances de prisonniers », Droit et société, vol. 2, n°87, 2014, p. 329-248 (http://www.cairn.info/resume.php?ID_ARTICLE=DRS_087_0329)
  • « La figure du détenu procédurier, cristallisation des usages illégitimes du droit  », in CNCDH, 2014, Défendre en justice la cause des personnes détenues. Actes du colloque CREDOF-OIP-CNCDH, La Documentation française, Paris, 2014.


Yannis Gansel

yannis.gansel(@)orange.fr

Je travaille sur la coordination des institutions en charge d’adolescents (travail social, justice, psychiatrie, pédagogie). Je m’intéresse en particulier au cas des « adolescents difficiles ». Cette catégorie clinique issue de la psychiatrie institutionnelle des années 1970 a fait l’objet de politiques publiques et de pratiques institutionnelles croissantes au cours des années 2000. Elle décrit une population interstitielle, résidu des institutions plus ou moins fortement spécialisées et revendique l’expertise clinique dans son traitement. Mon travail s’inscrit dans le double champ de la sociologie de la déviance et de l’anthropologie de la santé mentale.

Cette enquête s’appuie sur deux sources empiriques. D’une part, je traite dans une approche généalogique un corpus de textes relatifs à cette catégorie (articles scientifiques, colloques professionnels, rapports institutionnels). D’autre part, j’ai conduit une enquête ethnographique mono-site dans un réseau interprofessionnels  pour adolescents difficile.

Je suis psychiatre, praticien hospitalier au CHU de Lyon (service du Pr Fourneret), et docteur en anthropologie (direction: Richard Rechtman).

J’ai notamment écrit:

  • Gansel, Yannis. La Bipolarité Épistémologique de La Psychiatrie Française. L’Évolution Psychiatrique, 2014, 79(1): 134–141.
  • Gansel, Yannis, François Danet, and Catherine Rauscher. Long-Stay Inpatients in Short-Term Emergency Units in France: A Case Study. Social Science and Medicine, 2010 , 70(4): 501–508.
  • Gansel Y, Lézé S. Physical constraint as psychological holding: Mental-health treatment for difficult and violent adolescents in France. Social Science and Medicine, 2015 Apr 3.

Autour de mon sujet, je recommande:

    • Hejtmanek, Katie. Caring through Restraint: Violence, Intimacy and Identity in Mental Health Practice. Culture, Medicine and Psychiatry, 2010, 34(4): 668–674.
    • Ravon, Bertrand, & Christian Laval. « De L’adolescence Aux Adolescents Dits « Difficiles » : Dynamiques D’un Problème Public », In Vulnérabilités Sanitaires et Sociales, 2014, pp. 221–231. Rennes: Presses Universitaires de Rennes.
    • Le documentaire « Mémoire de sauvageons », de Xavier Lestrade et Sylvie Gillman (2002, Zaradoc)

 

Alice Gaïa
alice.gaia(@)gmail.com

Doctorante en sociologie au Centre de Recherches Sociologiques sur le Droit et les Institutions Pénales (CESDIP, Université Saint-Quentin-en-Yvelines), je m’intéresse aux trajectoires sociales et institutionnelles d’individus anciennement condamnés par une juridiction pour mineurs. Il s’agit de mettre en exergue les processus, ainsi que les tournants de vie (professionnels, familiaux, etc.), qui mènent les individus à se désengager d’un style de vie délinquant.

Cette recherche s’appuie principalement sur une quarantaine d’entretiens de récits de vie conduits auprès de personnes ayant été suivies par la Protection Judiciaire de la Jeunesse dans trois régions différentes de France : l’Auvergne, les Pays de la Loire et l’Ile-de-France.

 


Meoïn Hagège
Meoin.Hagege(@)gmail.com

Je travaille sur les trajectoires de soins de personnes séropositives au VIH ou atteintes d’une hépatite C ayant été incarcérées. Cette enquête s’appuie sur un dispositif d’enquête à méthodes mixtes en milieu carcéral, hospitalier et associatif.

Je suis docteure en sociologie de la santé à l’EHESS et l’Ined, une thèse financée par Sidaction et l’ANRS et soutenue par l’Iris.

J’ai notamment écrit :

      • Les masculinités : Critique de l’hégémonie, recherche et horizons politiques, avec Arthur Vuattoux, Contretemps, octobre 2013.
      • L’hépatite C dans les établissements pénitentiaires français, avec Olivier Ségéral, Soins, no.780, novembre 2013, pp.43-5.

Autour de mon sujet, je recommande :

      • Rechard, Catherine « Le Déménagement » (Film)
      • Chauvenet, Antoinette, Corinne Rostaing, et Françoise Orlic. La violence carcérale en question. [Nouvelle éd. 1 vols. Le lien social. Paris: Presses universitaires de France Mission de recherche Droit et justice, 2008 (Ouvrage)
      • Sheridan, Jim « In the name of the Father » (Film)

Mots-clefs : santé, prison, biographies, VIH, hépatites


Valérie Icard

valerie.icard(@)free.fr

5 mots-clefs sur mon travail : comparaison France/Espagne, politique pénitentiaire, normalisation carcérale, modernisation de l’action publique, circulation des modèles

Je travaille sur les évolutions contemporaines de la politique pénitentiaire, dans une perspective comparée franco-espagnole. Il s’agit de comprendre comment s’articulent les processus de modernisation, de normalisation et d’humanisation de l’institution carcérale. En intégrant les dimensions nationale et internationale du changement, j’en interroge les répercussions à l’échelle locale, en portant notamment le regard sur les reconfigurations organisationnelles et la place du personnel de surveillance.

Cette enquête s’appuie sur quatre monographies d’établissements pénitentiaires, situés en France et en Espagne, combinant observations ethnographiques et entretiens.

Je suis doctorante en Science Politique, au sein du laboratoire CESDIP (Centre de Recherches Sociologiques sur le Droit et les Institutions Pénales) – Université de Versailles Saint Quentin en Yvelines.

 

Alexia Jonckheere
alexia.jonckheere(@)just.fgov.be

Mes travaux entendent questionner le quotidien professionnel d’acteurs de la justice et la mise en tension de ce quotidien par des réformes managériales. Après avoir étudié les interactions entre des agents de probation et un outil informatique, puis interrogé le rôle encore méconnu des greffiers d’instruction, je travaille actuellement sur le passage à l’écrit qu’opèrent les acteurs judiciaires quand il s’agit de rendre compte de leur activité. Une mise à distance de ce travail de rédaction est parfois opérée par les travailleurs, en raison des contraintes administratives qu’il entraîne (délais de rédaction, standardisation des informations communiquées, simplification, etc.). Je participe par ailleurs à un projet visant à observer l’introduction d’une logique managériale au cœur des pratiques d’acteurs de l’ombre de la justice et de l’appareil policier, à savoir des secrétariats et des greffes.

Je suis chercheuse à l’Institut National de Criminalistique et de Criminologie (Bruxelles) et maître de conférences à l’ULB (Bruxelles).

Parmi mes récentes publications :

      • Jonckheere Alexia, (Dés)équilibres. L’informatisation du travail social en justice, Louvain-la-Neuve, d. Larcier, coll. Crimen, 2013, 259p.
      • Jonckheere Alexia, « L’accompagnement socio-judiciaire saisi par l’informatisation en Belgique », Déviance et Société, 2013/3, vol.37, pp.345-357
      • Jonckheere Alexia, « Etre greffier d’instruction », Revue de droit pénal et de criminologie, 2014, n°6, pp. 623-642


Camille Lancelevée
camille.lancelevee(@)gmail.com

Dans ma thèse de sociologie, je me suis intéressée au rôle de la psychiatrie dans les prisons françaises et allemandes. A l’appui de terrains ethnographiques en milieu carcéral et dans les unités psychiatriques des prisons étudiées, je réfléchis aux transformations contemporaines d’une institution pénitentiaire devenue « hospitalière », c’est-à-dire tout à la fois un lieu hybride, dans lequel s’entrelacent la peine et le soin dans des agencements insolites, mais également l’un des derniers lieux d’accueil de certaines formes de folie.

Je suis docteure en sociologie à l’IRIS (EHESS, Paris).

Quelques références:

      • Lancelevée Camille, 2011. « Une sexualité à l’étroit. Les Unités de Visite Familiale et la réorganisation carcérale de l’intime », Sociétés Contemporaines 83, juillet-septembre 2011, p.107-130. Article traduit en anglais sur le site de la revue : « Sexuality Confined: Family Visit Units and the Reorganization of Intimacy in the French Prison System »
      • Darley Mathilde, Lancelevée Camille, Michalon Bénédicte, 2013. « Où sont les murs ? Penser l’enfermement en sciences sociales », Coordination et introduction du dossier Cultures & Conflits, n°90, été 2013
      • 18 octobre 2013 : « Quand la prison annexe l’hôpital ? La place des soins psychiatriques en milieu pénitentiaire en France », Colloque TerrFerme – L’enfermement au prisme des sciences sociales : rapprocher les lieux, confronter les approches, Pessac
      • 9 juillet 2013 : « La « gestion » des troubles mentaux en prison : variations féminines ». Congrès de l’Association Française de Sciences Politiques. Section thématique : Ce que le genre fait à l’Etat, Paris

Autour de mon sujet, je recommande:

      • Titicut Follies, un film documentaire de Frederick Wiseman (1967)
      • Etre là, un film documentaire de Régis Sauder (2013)
      • Et un grand classique : Vol au-dessus d’un nid de coucou, un film de Milos Forman (1975)

Mots-clefs : Prison, accès aux soins psychiatriques, psychologisation, France, Allemagne.


Xavier de Larminat
xavier.larminat(@)gmail.com

Je travaille depuis une dizaine d’années sur l’exécution des peines en milieu ouvert, sous l’angle de la gestion des risques de récidive et de la gestion des flux de justiciables. Mes recherches s’appuient essentiellement sur des observations ethnographiques au sein des services de probation en France et des maisons de justice en Belgique, ainsi que sur des entretiens compréhensifs avec les personnes qui y travaillent.

Après avoir soutenu ma thèse en 2012 au CESDIP à l’université de Versailles Saint-Quentin, j’ai effectué un séjour post-doctoral entre 2013 et 2015 au Centre d’études sociologiques de l’université Saint-Louis à Bruxelles. Mes travaux s’orientent désormais davantage vers les parcours de sorties de délinquance, et sur l’articulation entre les dispositifs de soins et la justice pénale dans le cadre d’une recherche collective sous la direction de Virginie Gautron.

J’ai notamment publié Hors des murs. L’exécution des peines en milieu ouvert, PUF, 2014 (prix Le Monde de la recherche universitaire) et coordonné le dossier « La probation française entre permanence et changement », Champ Pénal/Penal Field, 2014, vol. 11 (avec Hakim Bellebna et Emilie Dubourg).


Lara Mahi
laramahi75(@)gmail.com

Je réalise une thèse sur les trajectoires pénales de justiciables vivant avec une (des) pathologie(s) somatique(s) chronique(s). J’ai observé 412 procès au tribunal de grande instance de Paris et effectué des analyses quantitatives (régressions) pour saisir le poids de l’état de santé somatique dans la détermination de la peine. Je me suis ensuite rendue, pendant deux ans, dans trois établissements pénitentiaires français où j’ai conduit des observations, notamment dans les unités sanitaires, et réalisé des entretiens de recherche répétés auprès de 74 personnes détenues et malades.

Je réalise ma thèse sous la direction de Philippe Combessie au sein du laboratoire Sophiapol et je suis Ater à l’EHESS.

J’ai notamment écrit un article intitulé « De(s) patients détenus. Se soigner dans un environnement contraignant », à paraître au printemps 2015 dans la revue Anthropologie et santé.

 

Julie Minoc
julie.minoc(a)gmail.com

Je travaille sur le « procès des tutelles ». M’intéressant aux pratiques des professionnels du droit, du médical et du social, mais aussi des familles, auprès des personnes dont les facultés – le plus souvent « mentales » – sont décrites comme « altérées », je m’efforce d’expliquer et comprendre les enjeux moraux, personnels, professionnels et familiaux des décisions de mise sous protection judiciaire des majeurs (tutelles et curatelles). Au-delà, mon ambition est de restituer les trajectoires institutionnelles de ces « personnes protégées », saisir comment et par qui elles entrent dans ce processus judiciaire et dans quelle mesure elles peuvent ou non en sortir. Pour ce faire, j’ai fait le choix de m’intéresser aux cas de contestations par les « majeurs protégés » ou leurs proches de décisions prises à leur égard qui rendent particulièrement tangibles les paradoxes inhérents à la mise en place de ces mesures, entre logiques d’assistance et de coercition.

Cette enquête s’appuie sur la monographie d’une chambre des tutelles au sein d’une cour d’appel, l’observation d’audiences (près de 500 affaires), le dépouillement des dossiers judiciaires émanant des tribunaux d’instance du ressort de cette cour d’appel, et le recueil de l’intégralité des décisions rendues sur la période, qui font l’objet d’un traitement statistique. Cette monographique est adossée à des entretiens avec les différents acteurs identifiés de la chaîne judiciaire (« signalants », médecins spécialistes, juges des tutelles et avocats).

Je suis doctorante-contractuelle en sociologie, rattachée au laboratoire PRINTEMPS et au DIM GESTES, et chargée d’enseignement à l’UVSQ. Je suis par ailleurs membre de la Chaire CNSA-ENS-EHESP « Handicap psychique et décision pour autrui ».

J’ai notamment écrit :

      • Au tribunal des couples. Enquête sur des affaires familiales, Odile Jacob, 2013, avec le Collectif Onze.
      • « Familles en danger ? Psychiatrie, hébergement familial et vulnérabilité », Informations sociales, n°188, 2015 [A paraître], avec Pauline Blum et Florence Weber.
      • « Les dilemmes de la décision pour autrui : enjeux familiaux et professionnels des hospitalisations sans consentement », conférence lors des journées Les soins psychiatriques sans consentement, Formation continue des magistrats, Ecole Nationale de la Magistrature [publication des actes prévue en 2015], avec Florence Weber.


Line Pedersen
linekp3(@)ofir.dk

Je travaille sur les trajectoires de déprise des produits psycho-actifs en interrogeant les registres de soin, pratiques et morales, qui s’articulent dans les modes de traitement de l’addiction, et notamment l’appropriation du savoir biographique des « malades-dépendants » participant à légitimer des pratiques d’intervention et d’évaluation professionnelles ou profanes. Ce travail s’inscrit dans une démarche ethnographique et se fonde sur des données recueillies dans deux centres spécialisés en addictologie et dans plusieurs groupes d’entraide différents (observation, entretiens, analyse documentaire, participation aux activités organisées). Je suis doctorante à l’Université de Franche-Comté et affiliée au Laboratoire de Sociologie et d’Anthropologie (LASA).

Quelques références :

      • 2013 : « L’autonomie comme prédicat et objectif de soin des toxicomanes : l’identité de malade négociée autour du traitement de substitution dans les CSAPA », Revue internationale de communication sociale et publique, N° 8, pp. 31-44.
      • 2014 : « Négociations et ajustements identitaires dans une situation de dépendance. La figure du dépendant-malade dans le soin des conduites addictives », in PIERRE T. et al. (dir.), Autour du soin. Pratiques, représentations, épistémologie, Presses Universitaires de Nancy (PUN).
      • [à paraître] 2015 : « Souffrance, jugement moral et « société addictogène » : les registres de sens du traitement de la dépendance », Revue Drogues, Santé et Société. La drogue et ses usages : aux limites de la société. Aspects conceptuels, normatifs et identitaires, n° thématique.

Je recommande (entre autres!!) :

      • Le film « Trainspotting » de Danny Boyle (1996)
      • Le roman « Moi, Christiane F., 13 ans, droguée, prostituée » (« Wir Kinder von dem Bahnhof Zoo ») de 1978
      • L’ouvrage Emprises : drogues, errance, prison de Fabrice Fernandez (2010)


Irene Pochetti
irene.pochetti(@)gmail.com

Je travaille sur les enfants et les jeunes des rues au Mexique. En particulier Je m’intéresse  à l’émergence et à l’évolution de cette catégorie sociale dans l’espace public, ainsi que à « l’expérience » des jeunes dans la ville et dans les relation de prise en charge. Cette travail s’appuie sur une enquête ethnographique réalisée dans deux villes mexicaines très différentes : Tijuana et Mexico, ainsi que sur l’analyse de photographies et de films ayant été produit au Mexique sur le sujet.

Je suis doctorante au Centre d’études sociologiques et politiques Raymond Aron (EHESS) et Chargée de cours à Lille 3,  et à Paris Dauphine. Je collabore également en tant que formatrice avec l’école supérieure de travail social ETSUP à Paris.

J’ai écrit « Enfants des rues à l’écran : la contribution du cinéma à l’émergence d’un modèle latino-americain », Problèmes d’Amérique Latine, n 85  2012

Autour de mon sujet, je recommande :

      • Los Olvidados (pitié pour eux)  de Luis Buñuel 1950
      • The Children of Sánchez: Autobiography of a Mexican family , 1961 (Les Enfants de Sanchez. Autobiographie d’une famille mexicaine, Gallimard, 1978)
      • Let the Street be Heard (Que Suene la Calle) de Itzel Martinez 2003 documentaire

Mots-clefs : Enfances et jeunesses  « des rues », Villes, Mexique, Catégorisation, addiction, « prise en charge »

 


Céline Racin
celine.racin(@)yahoo.fr

Psychologue clinicienne et doctorante contractuelle chargée d’enseignement à l’Université Paris Descartes (laboratoire de Psychologie Clinique, Psychopathologie, Psychanalyse -PCPP, EA 4056), je travaille, sous la direction du Pr Benoît Verdon, sur l’identification des facteurs de risque psychologiques à la faveur de l’institutionnalisation du sujet âgé dépendant.

Mon travail de thèse est consacré à une étude clinique et psychopathologique du moment de crise que peut représenter pour un sujet âgé la confrontation à une situation de dépendance nouvellement objectivée ou exacerbée qui le conduit, à la suite d’une hospitalisation en gériatrie, à des réaménagements importants de son cadre de vie quotidien. Cette institutionnalisation de l’aide peut prendre plusieurs visages, depuis un retour à domicile avec des aides particulièrement renforcées jusqu’à un soutien permanent en établissement d’hébergement collectif.

A l’appui d’une investigation longitudinale qui combine entretiens de recherche, épreuves cognitives et épreuves projectives, cette recherche vise à réinscrire cet évènement dans le cadre des transitions qui accompagnent et structurent le parcours de vie du sujet, et particulièrement son processus de vieillissement. L’évaluation de l’impact psychopathologique de ce moment de passage accorde une attention particulière au repérage des fragilités du sujet et de ses capacités de mobilisation de ressources psychiques, dans l’objectif de proposer des pistes de réflexion concernant sa préparation.


Sophie Alice Sarcinelli
Sophiealy(@)yahoo.it

Mes travaux portent principalement sur l’anthropologie politique et morale de l’enfance et de la parentalité et sur les questions épistémologiques et méthodologiques en anthropologie de l’enfance. Après un mémoire sur les enfants des rues au Brésil, j’ai réalisé une thèse, soutenue en 2014, consacrée à l’enfance et la parentalité roms en Italie e menée en Convention Cifre avec Médecins du Monde. Mes travaux utilisent l’observation participante avec les enfants et leurs familles, des entretiens biographiques, des entretiens semi-directifs, un travail sur archives et un suivi de presse. Je suis docteure en anthropologie et membre du laboratoire IRIS. J’ai notamment écrit :

      • 2015   « Gérer le stigmate. Les politiques intimes de la parentalité rom en Italie. », Recherches familiales, 12, p. 235-245.
      • 2014   « Les “ Tsiganes ”, des élèves “irréguliers” ? La fabrique et la prise en charge de l’“élève nomade” en Italie », Revue d’histoire de l’enfance irrégulière. La part du scolaire : jeunesse irrégulière et l’école (XIXe-XXe siècles), p. 53-70.
      • 2014   « Les régimes de l’hospitalité et de l’inhospitalité publique. Le cas des campi rom non autorisés à Milan (Italie) », Migrations et Société, Vol. 26 n°152, mars-avril, p. 91-102.

Autour de mon sujet, je recommande :

      • Cole J., Durham D. (dir.), 2007, Generations and Globalization. Youth, Age, Family in the New World Economy, Bloomington and Indianopolis, Indiana University Press
      • Ragoné H., Winddance Twine F. (dir.), 2000, Ideologies and Technologies of Motherhood : Race, Class, Sexuality, Nationalism, London, Routledge
      • Sigona N., 2005, « Locating the ‘‘Gypsy problem’’», Journal of Ethnic and Migration Studies, 31, 4, p. 741-756.

Mots-clefs: anthropologie, enfance, parentalité, migrations, familles transnationales, Italie, Roms


Manon Veaudor
manon.veaudor(@)gmail.com

Elle effectue depuis décembre 2013 une thèse de science politique au Cesdip, sous la direction de Jacques de Maillard et Christian Mouhanna. Celle-ci porte sur les connexions entre les localités, c’est-à-dire les lieux d’où viennent ou sont perçus les personnes détenues, et le milieu carcéral. A l’appui d’observations directes en prison, cette thèse vise à saisir les logiques de production de l’ordre carcéral articulées aux formes que prend cet « ailleurs ».


Anne-Sophie Vozari
annesophie.vozari(@)gmail.com

Je travaille sur la régulation publique du devenir mère. Ma recherche s’intéresse aux modalités d’encadrement institutionnel par lesquelles l’Etat administre la parentalité naissante au féminin et à la façon dont des femmes se font et sont faites mères via les prises en charge médico-sociales et/ou médico-psychologiques qui sont proposées aux femmes enceintes et/ou aux femmes venant d’avoir un enfant.

Cette enquête s’appuie sur des enquêtes ethnographiques menées en centres de Protection Maternelle et Infantile et dans différents services hospitaliers relatifs à la naissance.

Je suis doctorante en sociologie à l’EHESS et ATER à l’université de Rouen.

J’ai (notamment) écrit :

      • « Surveiller pour veiller sur en Protection Maternelle et Infantile », in Y. Knibielher, F. Arena, R-M. Cid Lopez (dir.), La maternité à l’épreuve du genre, Presses de l’EHESP, Rennes, pp. 109-116 ;
      • « Recruter de « bonnes » assistantes maternelles. La sélection à l’entrée d’un emploi féminin non qualifié», Sociétés contemporaines, n°95, 2014

Autour de mon sujet, je recommande Sandrine Garcia, Mères sous influences. De la cause des femmes à la cause des enfants, Paris, La Découverte, 2011; Dominique Memmi, Faire vivre, laisser mourir. Le gouvernement contemporain de la naissance et de la mort, La Découverte, 2003; Nikolas Rose, Governing the soul. The shaping of the private self, 1999

Mots-clefs : maternité, naissance, gouvernement, care, genre


Arthur Vuattoux
arthur.vuattoux(@)gmail.com

Docteur en sociologie, j’ai travaillé, dans ma thèse, sur la manière dont la justice produit ou reproduit des normes de genre dans son fonctionnement quotidien, à partir du cas spécifique de la justice civile et pénale des mineurs en France. Je réfléchis par ailleurs à l’intérêt du concept de masculinité(s) au sein des études de genre et dans le domaine de la santé. Cette enquête s’appuie sur une analyse de discours et une ethnographie du tribunal pour enfants (archives, entretiens, observations).

J’ai (notamment) écrit :

      • « Adolescents, adolescentes face à la justice pénale », Genèses, n°97, décembre 2014, p. 47-66.
      • « Gender and judging, ou le droit à l’épreuve des études de genre », Tracés, n°27, 2014, p.123-133.
      • Coordination (avec Meoïn Hagège) de la première traduction française des travaux de Raewyn Connell : Raewyn Connell, Masculinités. Enjeux sociaux de l’hégémonie, Éditions Amsterdam, 2014 (édition établie par Arthur Vuattoux et Meoïn Hagège, traduction par Maxime Cervulle, Florian Vöros, Marion Duval, Clémence Garrot et Claire Richard).

Autour de mon sujet, je recommande les travaux de Coline Cardi sur les détenues majeures, ceux de Sirma Bilge sur la justice et l’intersectionnalité et, enfin, l’ouvrage collectif de Gisela Shaw et Ulrike Schultz, Gender and judging.


Simeng Wang
simeng.wang1017@gmail.com

Au croisement de la sociologie de l’immigration, de la sociologie de la santé mentale et de la stratification sociale, ma thèse de doctorat, soutenue en juillet 2014, a questionné les expériences migratoires des familles chinoises résidant en région parisienne à travers leur usage des soins psychiatrique, psychothérapeutique et psychanalytique. Cette recherche s’est appuyée sur des enquêtes ethnographiques menées en institution psychiatrique et dans les familles chinoises pendant la période 2010-2014 à Paris ainsi que dans quatre villes chinoises d’où viennent certaines familles enquêtées.

Je suis docteure en sociologie au Centre Maurice Halbwachs de l’École Normale Supérieure de Paris et chargée de recherches CNRS au CERMES3.

J’ai récemment publié :

    • Wang Simeng. 2014. « Enfant abandonné en Chine puis domestique en France ? Que suis-je pour eux ?!» « Obligations familiales à rebours » des enfants migrants d’origine chinoise à Paris. Enfances, Familles, Générations. 20 : 21-44.
    • Wang Simeng. 2013. « Handicapé ? C’est insulter ma descendance et aussi mes ancêtres ! » Négociations autour de l’inscription de l’enfant d’origine chinoise à la MDPH. Terrains & travaux. 23 : 77-92.
    • Wang Simeng. 2012. « Une vie qui est ailleurs » : Une sociologie des troubles mentaux à travers le parcours d’un adolescent d’origine chinoise à Paris. Lien social et politiques. 67 : 233-248.