Le groupe « Traitements et Contraintes » est né en 2010 à l’initiative de six jeunes chercheuses et chercheur : Yasmine Bouagga, Meoïn Hagège, Élodie Janicaud, Camille Lancelevée, Lucie Lechevalier-Hurard et Arthur Vuattoux, à l’époque doctorant.e.s rattachés à l’Institut de recherche interdisciplinaire sur les enjeux sociaux (IRIS).

Depuis sa création, il a réuni une soixantaine de jeunes chercheuses et chercheurs en sciences sociales de différents horizons, travaillant sur des objets à la croisée du social, du judiciaire et du médical.

En privilégiant une méthode de type ethnographique, notre pari est d’articuler une réflexion théorique sur les notions polysémiques de « traitement » et de « contrainte » et une approche empirique d’institutions et dispositifs variés (prison, probation, armée, hôpital psychiatrique, EHPAD, centre de rétention, tribunaux, tutelles, etc.). En effet, nos terrains dans leur diversité posent des questions similaires sans toutefois être totalement réductibles. Il y est question de violence, de consentement, d’autonomie, de responsabilisation, de contention, de soin, de domination, mais à des degrés divers et selon différents agencements.

Refusant d’opérer une distinction simpliste entre des dispositifs bienveillants (les dispositifs de soin) et des institutions sécuritaires (qui exerceraient le monopole de la violence légitime), nous nous intéressons de façon comparative – sans réduire les réalités multiples à un modèle unique – aux propriétés organisationnelles de ces lieux, aux normes et pratiques professionnelles qui y ont cours, ainsi qu’aux trajectoires et carrières des personnes sur qui s’exercent le traitement et la contrainte, afin d’explorer les différentes modalités d’emprise à l’œuvre dans ces espaces.