Activités 2013-2014

 

 

 

14 novembre 2013

Questions de théories: quels usages des classiques dans les études sur la contrainte ?

Journée d’études organisée par Joël Charbit, Corentin Durand, Camille Lancelevée, Anne-Sophie Vozari, Arthur Vuattoux
 

Lors de cette journée, plusieurs chercheurs sont revenus sur leur rapport aux œuvres de deux auteurs fréquemment mobilisés par ceux qui s’intéressent de façon ethnographique aux institutions : Michel Foucault et Pierre Bourdieu. Si les termes de “contrôle”, d’”habitus”, d’”assujettissement”, de “champ”, de “gouvernementalité” ou de “dispositif” circulent dans ces travaux, ils servent rarement de base à un travail de réflexivité par rapport aux ancrages théoriques qu’ils impliquent. Cette journée a donc été l’occasion d’écouter plusieurs chercheurs inscrits dans des démarches empiriques et entretenant des liens forts (de filiation intellectuelle, réappropriation, ou d’influence plus ou moins distanciée) avec ces deux auteurs, évoquer ces œuvres qui ont marqué leur travail de recherche. Au-delà de Foucault, Bourdieu et de leur postérité ethnographique, il s’agit d’enclencher une discussion épistémologique et méthodologique sur les usages de concepts, d’œuvres ou de théories spécifiques dans le cadre de recherches empiriques.

Avec les interventions de :
 
Gilles Chantraine (CLERSE, CNRS), « Prison et gouvernementalité »

Sarah Mazouz (Centre Marc Bloch, Berlin), « L’accompagnement des jeunes, entre technologie politique de l’individu et technique de soi »

Olivier Razac (CIRAP, ENAP), « Foucault et la critique des rationalités pénales. Retour sur l’Archéologie du savoir »

Muriel Darmon (CESSP, CNRS), « ”Faire avec”. Situer, objectiver, dévoiler, contrebalancer à partir d’une lecture de Bourdieu »

Wilfried Lignier (CESSP, CNRS), « La contrainte clinique n’est plus ce qu’elle était. Penser la diversification du pouvoir médico-psychologique avec Bourdieu »

Ugo Palheta (CIREL, Université Lille 3), « Avec Bourdieu, contre Bourdieu : penser les rapports entre classes populaires et institution scolaire »

 

 


26 mars 2014

Moduler la contrainte, adapter le traitement : le rôle des catégories et classifications institutionnelles

Journée d’études organisée par Yannis Gansel, Irene Pochetti, Louise Tassin et Simeng Wang

 

Cette nouvelle journée d’étude vise à préciser les registres de traitement et de contraintes à partir de matériaux empiriques. Les travaux sur les institutions, qu’elles soient pénales, administratives, médicales ou encore sociales, ont tendance à opposer de façon binaire les « enfermés » et les « enfermants » ou bien les « professionnels » et les « usagers ». Nous souhaitons apporter ici de la nuance en nous intéressant aux catégories mobilisées ou produites par et dans ces institutions. De quelle façon les caractéristiques sociales, ethniques, raciales, sexuelles, générationnelles, etc. – tant des « usagers » que des « professionnels » – entraînent-elles ou justifient-elles des modulations du traitement et de la contrainte ?

La journée est l’occasion d’approfondir trois questions transversales aux recherches des membres du groupe qui, à notre connaissance, restent encore peu explorées : Quelles logiques catégorielles sous-tendent le placement et le recrutement dans les institutions ? Selon quels procédés et avec quels effets les classements officiels viennent-ils se combiner ou s’opposer à des registres de catégorisation ? Comment ces assignations sont-elles acceptées, réappropriées ou contestées par ceux et celles qui en font l’objet ?

 

Matinée : Constructions, usages et contestations des catégories institutionnelles face aux jeunesses « difficiles »

Fabien Deshayes (docteur, CRESPPA-GTM, Université Paris 8) : Faire avec ou s’opposer aux catégories des professionnels en protection de l’enfance.

Irène Pochetti (doctorante, CESPRA, EHESS) : Le genre comme catégorie de la prise en charge des enfants et jeunes des rues au Mexique.

Yannis Gansel (doctorant, IRIS, EHESS) : La catégorie des adolescents difficiles dans la littérature psychiatrique : éléments généalogiques.

Interventions discutées par Coline Cardi (maître de conférences, Université Paris 8) et Livia Velpry (maître de conférences, Université Paris 8)

 

Après-midi : Les institutions à l’épreuve des relations inter-ethniques

Lila Belkacem (docteure, IRIS, EHESS) : Le « décalage culturel » comme catégorie institutionnelle de prise en charge des familles migrantes. Analyse d’une consultation ethnoclinique à Paris.

Simeng Wang (doctorante, CMH, ENS) : Les professionnels de santé en psychiatrie face aux familles chinoises à Paris : rapports interethniques, rapports sociologiques.

Damien Trawalé (doctorant, URMIS, Université Paris 7) : Production et réappropriation des catégories de « race » et de sexualité en contexte minoritaire. L’exemple d’une association parisienne LGBT afro-caribéenne.

Interventions discutées par Benoît Eyraud (maître de conférence, Université Lyon 2) et Claire Cossée (maître de conférence, Université Paris 12).

 


 

27 mai 2014

Les régulations de la contrainte : articulation des cadres juridiques et des savoirs savants dans différents dispositifs de traitement institutionnel

Journée d’études organisée par Jean-Sébastien Alix, Yasmine Bouagga, Lucie Lechevalier-Hurard et Line Pedersen

 

L’exercice de la contrainte dans les différents dispositifs institutionnels sur lesquels nous travaillons est organisé par plusieurs instances de régulation : un cadre juridique national, des textes réglementaires mais aussi un ensemble de documents dont la valeur juridique est plus incertaine (guides de bonnes pratiques, recommandations etc.) qui font cependant partie intégrante des repères normatifs des pratiques professionnelles. Au delà de ces textes, un ensemble de savoirs médicaux, criminologiques, gestionnaires et plus généralement issus de sphères d’expertise professionnelle variées viennent influencer, en se combinant, les modalités de la prise en charge. A quelles sources s’alimente la constitution de savoirs savants de la contrainte ? Comment ces savoirs viennent-ils déterminer, compléter ou concurrencer les cadres légaux dans la manière dont les acteurs des différents terrains organisent et justifient leurs pratiques ? Ces savoirs sont-ils cloisonnés ou bien circulent-ils entre les différents domaines d’intervention institutionnelle que nous étudions ?

Argumentaire complet en PDF ici

 

Matinée : Régulations de  la contrainte et politiques publiques

Benoît Majerus (Univ. du Luxembourg/IPSE) : Enfermements psychiatriques au 19e siècle

Elsa Besson (Univ. Rennes 2/Ladyss) : Elaboration d’une « science pénitentiaire » internationale et architecture carcérale : l’espace de la prison aux mains de la sphère juridique

Benoît Eyraud (Univ. Lyon 2/CMW) et Lucie Lechevalier Hurard (Univ. Paris 13/Iris) : La production de règles relatives aux pratiques contraignantes dans les soins professionnels aux personnes âgées : vers une spécialisation Alzheimer ?

Interventions discutées par Yasmine Bouagga (EHESS/IRIS/Université Paris Dauphine) et Evelyne Serverin (CNRS/CTAD-CEE).

 

Après-midi: Les régulations vues du terrain : appropriations et contestations

Delphine Moreau (EHESS/Lier) : Ecarter l’abus, s’inscrire dans le soin :
les registres normatifs et leurs appuis mobilisés dans la régulation de la contrainte en psychiatrie

Line Pedersen (Univ. Besançon/LaSa) : Les groupes d’auto-support et le déplacement de l’expertise en addictologie. La légitimité expérientielle comme variable d’ajustement

Corinne Rostaing (Univ. Lyon 2/CMW) : Contraintes en prison et résistances des acteurs : à partir de la régulation de la violence

Interventions discutées par Denis Laforgue (Univ. Savoie/LLS) et Olivier Renaudie (Univ. Lorraine/Cersa)

 
 

Les journées d’études 2013-2014 ont été soutenues par: