Activités 2015-2016

 

Calendrier des activités du groupe pour l’année 2016-2017

 

14 mars 2016 : ATELIER

« L’accès au terrain, révélateur des contraintes institutionnelles »

Organisation : Corentin Durand et Manon Veaudor.

Né des discussions de la journée de décembre 2015, cet atelier a pour ambition de poser les bases d’un texte collectif qui pourrait être proposé par le groupe pour la collection TEPSIS Papers (http://tepsis.hypotheses.org/615). Il est apparu que, pour nombre d’entre nous, les conditions d’accès au terrain étaient de puissants révélateurs de la nature des institutions et des dispositifs que nous étudions. Il s’agirait de mettre en commun ces réflexions et d’esquisser des pistes transversales pour penser institutions et dispositifs de traitement et de contrainte.

 

4 avril 2016 : JOURNEE D’ETUDES

« Repenser la question des âges dans la ville »

Organisation: Irène Pochetti, Camille Salgues, Alice-Sophie Sarcinelli.

Programme JE T&C 4 avril

Cette journée d’étude a comme objectif de croiser trois questions de sciences sociales qui sont habituellement traitées séparément : les institutions, l’âge (en particulier l’enfance) et la ville. La journée s’interroge sur la production institutionnelle de l’enfance et des catégories d’âges. La dimension urbaine nous parait importante car elle permet de mettre en contexte la réflexion sur le travail des intuitions qui s’occupent d’enfance et ses possibles variations dans des contextes et des tissus sociaux différents.

La ville a été choisie comme lieu privilégié pour faire rencontrer ces problématiques issues de mondes scientifiques différents, mais qui peuvent se croiser dans des ethnographies urbaines. En particulier, comment peut-on re-décrire l’expérience urbaine des enfants et la géographie des âges, à partir d’un intérêt renouvelé pour la place accordée aux différentes catégories d’âge dans le maillage des institutions urbaines ? Quelle expérience se dessine, si l’on élargit le périmètre de l’espace urbain au-delà des “lieux communs” (rues, parcs…), pour y intégrer le fonctionnement spécifique des institutions et la démultiplication des espaces différenciés qu’elles engendrent ? En quoi la diversité des institutions et des espaces urbains apporte-t-elle un éclairage nouveau sur la production d’une enfance socialement diverse ?

 

20 mai 2016 : ATELIER

« S’orienter dans les trajectoires : retrouver et décrire des trajectoires institutionnelles »

Organisation : Alice Gaïa et Elsa Génard.

Lors de la journée de réflexion collective du 17 décembre 2015, le groupe de travail qui portait sur les trajectoires s’est principalement intéressé aux méthodes employées pour recueillir des parcours institutionnels – voire multi-institutionnels. En raison de leurs dimensions temporelle et biographique, retracer ces trajectoires s’avère complexe.

Cet atelier propose de prolonger la discussion autour des problématiques conceptuelles et méthodologiques liées à l’étude des parcours institutionnels. A partir de nos objets communs (recueil de parcours d’anciens condamnés), ainsi que du croisement de nos disciplines (histoire et sociologie) et de nos matériaux de recherche respectifs (archives pénitentiaires pour l’une, dossiers judiciaires et entretiens auprès d’anciennes personnes condamnées pour l’autre), nous proposons d’interroger deux approches méthodologiques différentes et complémentaires permettant d’étudier les trajectoires institutionnelles. D’une part, l’approche institutionnelle consiste à saisir le point de vue de l’institution judiciaire ou pénitentiaire (à partir, ici, de données écrites). D’autre part, l’approche individuelle vise à recueillir le point de vue des personnes anciennement condamnées (à partir, ici, d’entretiens de récits de vie).

Plusieurs questionnements pourront alors être abordés : Quels termes utiliser pour parler de ces trajectoires (trajectoires, parcours, carrière, etc.) ? Comment les trajectoires sont-elles pensées et formalisées par les institutions, et à travers quelles catégories ? Pourquoi et comment analyser les trajectoires institutionnelles en dehors des institutions et au-delà des données que ces dernières produisent ? Quels sont les usages et les limites scientifiques de ces deux approches ?

 

24 juin 2016 : JOURNEE D’ETUDES

« Les procédures disciplinaires »

Programme JE T&C – 24 juin

Organisation : Corentin Durand et Valérie Icard.

Toute institution dotée d’un corpus de règles qui lui sont propres est amenée à exercer un contrôle disciplinaire sur les personnes qu’elle encadre, professionnels comme usagers. On voudrait dans cette journée étudier comment s’insèrent de telles procédures dans le fonctionnement des dispositifs de traitement et de contrainte, comment elles redoublent ou contredisent les finalités des institutions (sanitaires, punitives, éducatives, etc.).

« Les procédures disciplinaires dans les institutions de traitement et de contrainte »

Organisation : Corentin Durand et Valérie Icard.

Rendez-vous : Fondation Maison des Sciences de l’Homme, Bâtiment le France : salle du Conseil B, 190 avenue de France. 75013 Paris.

Programme JE T&C – 24 juin

Cette journée d’étude fait le pari du caractère heuristique d’une investigation du disciplinaire dans sa dimension la plus formelle et institutionnalisée, à savoir l’activité répressive interne aux organisations et fondée sur un corpus de normes qui leur sont propres. En mobilisant des travaux de recherche en histoire, en droit, en sociologie et en science politique, l’objectif est d’étudier les procédures disciplinaires – leur fonctionnement, leurs usages et leurs effets – au sein de diverses institutions de traitement et de contrainte.

Un premier ensemble de questionnements s’attachera à analyser la place des pratiques disciplinaires relativement à d’autres systèmes répressifs, en particulier la justice pénale. Il s’agira tout d’abord de caractériser ce qui distingue le système disciplinaire – appréhendé comme un mode de régulation interne – tant du point de vue normatif et procédural, qu’au regard de ses finalités. Interroger le disciplinaire comme un système infra-juridique invitera également à penser la tension inhérente à la formalisation d’un « droit disciplinaire », souvent sur le modèle de la procédure contradictoire. On assiste ainsi, dans plusieurs institutions, à la mise en place de nouvelles procédures dites « infra-disciplinaires », s’affranchissant du formalisme procédural et du contrôle juridictionnel.

Un second ensemble de questionnements, qui se déduit du premier, interrogera plus précisément le fonctionnement de la sanction dans différentes institutions de traitement et de contrainte (prison, école, centre d’accueil de personnes sans abri, hôpital psychiatrique). Il s’agira de comprendre la place de la sanction au sein de l’organisation et son articulation à d’autres formes de régulation qui ne relèvent pas explicitement du dispositif disciplinaire. On s’intéressera aux finalités que les acteurs assignent à la sanction, ainsi qu’à la manière dont elle s’inscrit, redouble ou contredit les différentes finalités institutionnelles (punition, éducation, protection et/ou soin).

Matinée – Les frontières des pratiques disciplinaires

  • Premier panel – Concurrences normatives

Thaïs Gendry, Doctorante en histoire, Université de Genève / EHESS : « Partage des tâches répressives dans l’Empire français : outils pénaux et disciplinaires »

Emmanuel Saint-Fuscien, Maître de conférence en histoire, CESPRA / EHESS : « Du service de la discipline au service du front : la justice en guerre 1914-1918 »

  • Second panel – Vers une « normalisation » du droit disciplinaire ?

Joël Moret-Bailly, Professeur de droit privé et sciences criminelles, CERCRID / Université Jean Monnet Saint Étienne : « Qu’est-ce que le droit disciplinaire ? Réflexions sur l’institutionnalisation progressive et les concepts fondamentaux du droit disciplinaire »

Corentin Durand, Doctorant en sociologie, CMH-IMM / EHESS : « Le pouvoir pénitentiaire à l’épreuve de la formalisation des procédures disciplinaires »

Après-midi – La sanction dans les institutions de traitement et de contrainte

  • Premier panel – La sanction, une punition éducative ?

Nicolas Sallée, Professeur adjoint en sociologie, Université de Montréal : « Eduquer et punir : la production de l’ordre en établissement pénitentiaire pour mineurs » (avec Gilles Chantraine)

Valérie Icard, Doctorante en science politique, CESDIP / UVSQ : « « C’est Respecto, ici. On n’est pas là pour faire une autre commission de discipline ! ». Penser le renouvellement de la logique punitive en prison à partir de l’expérience des modules de respect

  • Second panel – Sanction et pratiques du care

Laura Auvert et Vincent Thomas, Observatoire du Samusocial de Paris : « Éloigner d’un lieu d’accueil pour personnes sans abri : un paradoxe de l’urgence sociale en région parisienne »

Delphine Moreau, Docteure en sociologie, IMM-LIER / EHESS : « « Rappeler le cadre » en hôpital psychiatrique. La réponse aux transgressions quand la punition est proscrite »

 

15 et 16 décembre 2016 : COLLOQUE

« Traitements et contraintes : à l’aune des métamorphoses institutionnelles »

Programme du colloque

Organisation : Barbara Bauduin, Alice Gaïa, Valérie Icard, Julie Minoc, Manon Veaudor.

Depuis sa création, le groupe Traitements et Contraintes réunit une trentaine de doctorant.e.s et de jeunes chercheurs/ses d’horizons et de disciplines divers travaillant sur des institutions ou des dispositifs à la croisée du social, du judiciaire, du médical et de l’éducatif. Le pari de ce groupe de travail est de croiser une réflexion théorique sur les notions polysémiques de « traitement » et de « contrainte » et une approche empirique de dispositifs et d’institutions variés pour mieux penser les figures contemporaines de la « prise en charge » de publics considérés comme « vulnérables ».

En près de cinq ans d’existence, le groupe Traitements et Contraintes s’est diversifié, tant dans les objets étudiés par ses membres, dans les méthodes d’investigation et les théories sociologiques mobilisées, que dans les modèles nationaux envisagés. Initialement centré sur un nombre limité d’institutions fermées (prison, hôpital psychiatrique, centre de rétention administrative), il s’est ouvert à une hétérogénéité de dispositifs (armée, unités hospitalières diverses, chaînes judiciaires ou administratives, dispositifs éducatifs, d’accompagnement ou d’insertion « hors les murs »).

Quatre ans après l’organisation du colloque liminaire du groupe, la seconde édition aura pour objectif d’interroger la transformation des modèles et des formes d’intervention ou de régulation institutionnels (sociale, judiciaire, médicale, sécuritaire, etc.) à partir des travaux des membres du groupe et des réflexions menées collectivement.

Six thématiques nous ont paru fécondes pour penser la pluralité des formes de traitement et de contrainte.

Le premier panel interrogera ainsi les figures de l’altérité dans des structures de soin et d’enfermement, que ces figures soient produites ou réappropriées par l’institution. Il s’agira de réfléchir aux logiques hybrides co-existant au sein de certaines institutions et à la fabrique de la « prise institutionnelle ».

Le deuxième panel nous permettra de penser les reconfigurations de l’exercice du traitement et de la contrainte « hors les murs ». Entre coercition et nécessaire consentement pour s’éprouver, nous verrons comment certains dispositifs institutionnels exigent des professionnels la mise en œuvre de techniques relationnelles et de contrôle diffuses et continues pour encadrer les libertés et endiguer les velléités de résistance.

Le troisième panel sera consacré aux formes de résistance à la contrainte institutionnelle exercée sur des personnes incarcérées. Tour à tour envisagées comme des ressources pour les individus dans leur trajectoire individuelle ou comme des modalités de gestion et de contrôle qui viennent légitimer le fonctionnement des institutions, les interventions reviendront sur les ambigüités de ces formes de résistance et de leurs effets.

Le quatrième panel s’intéressera aux dynamiques de subjectivation sous contrainte. Les communications s’attacheront à décrire les processus d’adaptation des personnes aux normes et catégories institutionnelles auxquelles les personnes sont sommées d’adhérer pour devenir « bénéficiaires ».

Enfin, le cinquième panel sera l’occasion de réfléchir aux enjeux professionnels engendrés par les processus d’assignation identitaire. L’attention aux catégories professionnelles, en tant qu’objets de luttes, de négociations et dans le même temps d’institutionnalisation, permettra d’éclairer les rapports de force et de positionnement qui structurent les champs considérés, mais aussi les pratiques et représentations des agents.

Printemps 2017 (date à préciser) : JOURNEE D’ETUDES

« Psychiatrie et contraintes »

Organisation : Camille Lancelevée, Julie Minoc et Anne-Sophie Vozari.